venerdì 13 gennaio 2017

Les secrets de Léonard de Vinci finalement dévoilés

Interview à Riccardo Magnani,

Riccardo Magnani, né à Lecco en 1963, est diplômé en Économie et Commerce. C’est l'un des chercheurs les plus confirmés sur Léonard de Vinci et sur la Renaissance.

- Riccardo Magnani, comment interprétez-vous la dernière révélation qui verrait dans l’arrière-plan de la Mona Lisa de Léonard de Vinci votre ville natale, Lecco, en raison de la similitude avec le pont Azzone Visconti?
Catherine

- Je compte faire un peu de clarté sur ce qui a été dit au cours des derniers mois au sujet des paysages qui sont représentés en arrière-plan de la Joconde de Léonard de Vinci, que certains voudraient situer en Toscane, d’autres en Ombrie, et d'autres encore dans le Pavese ou même dans les Pouilles.

“Nul ne peut être aimé ou détesté si l’on n’en a pleine connaissance” a écrit Léonard dans l’un des nombreux codes qui lui sont attribués, éparpillés dans les musées du monde entier, et jamais telle affirmation ne fut plus appropriée si on l’associe aux innombrables facéties écrites sur son héritage artistique. Je me consacre depuis des années à l'étude de Léonard de Vinci et à ses correspondances avec notre territoire, et l'hypothèse d'un lien entre la ville de Lecco et le grand artiste que j’ai avancé est connue depuis plusieurs années. Ce qui est moins connu, ce sont les raisons historiques et culturelles qui ont poussé Léonard à représenter les paysages de Lecco dans ses œuvres; oui, au pluriel...



La spéculation veut en fait que l’on s’attarde souvent pour signaler une corrélation, soit avec le pont représenté - dans ce cas identifié comme le pont Azzone Visconti de Lecco - soit avec l'identité présumée de Mona Lisa elle-même, en insistant ainsi sur une lecture ponctuelle et jamais de nature substantielle, de ce qui est peut-être l’œuvre la plus célèbre de Léonard de Vinci, la Joconde, et en ignorant totalement le fait que la plupart des œuvres et des dessins de Léonard de Vinci représentent la ville qui est un contrepoint à la branche de Côme du Lario.

Sans une compréhension du contexte historique et des événements liés à la période du milieu du XVe siècle, il est en fait presque impossible de donner une lecture complète de l'œuvre de Léonard de Vinci, et encore moins des arrière-plans qu’il a utilisé. Cette époque a connu un renouveau dans le domaine de tous les arts et des connaissances de caractère philosophique, historique, scientifique, astronomique et géographique, oubliées jusqu’alors par le monde occidental que nous appelons aujourd’hui le vieux monde par opposition au nouveau monde, représenté par le continent américain, découvert bien avant Christophe Colomb par Medici, Sforza et Malatesta, entre autres, et ensuite disputé à coup d’Inquisition par l'Espagne, le Portugal, l'Allemagne et le Vatican.

La Joconde elle-même est le Rebis, c’est-à-dire la conjonction entre les éléments spirituels masculin et féminin, raison pour laquelle dans le visage au sourire énigmatique les visages masculin et féminin de Léonard lui-même sont représentés, et toute tentative d'identifier dans la Joconde une figure féminine réelle (Lisa Gherardini, la mère de Leonardo, et même Isabelle d'Aragon maintenant) est inconcevable pour une lecture orthodoxe de l’œuvre. Je ne m’attarderai pas sur ce sujet maintenant, car la raison de cet écrit est de mieux préciser la critique à une affirmation faite dans un article paru dans un journal d'aujourd'hui qui, peut-être, après une vérification plus attentive de la part du journaliste qui l'a signé, aurait du être déjà corrigée en phase de rédaction.

S’il est vrai que les affirmations sur les arrière-plans de la Joconde, qui ne correspondent ni à la Toscane, ni à l’Ombrie, et encore moins à Montefeltro (en étroite opposition politique avec le monde des Médicis dont Léonard faisait partie) sont exactes, ces derniers correspondent par contre à la ville de Lecco. L’erreur cependant est de reconnaître seulement le pont Azzone Visconti, cité dans l’article en question, car il aurait suffit de faire un contrôle, même superficiel, pour remarquer immédiatement une connexion beaucoup plus profonde, comme je le raconte depuis des année dans mes conférences et dans mes livres.

En réalité, le paysage est composé de six paysages différents, trois à gauche et trois à droite. A l'exception de ceux qui se trouvent plus haut, qui ne décrivent que les particulières formations rocheuses que l’on trouve à certains endroits spécifiques de nos montagnes, les deux paysages de gauche et les deux paysages de droite représentent le bras oriental du lac Lario, dans une description visuelle qui va du nord au sud comme en témoignent les images suivantes:


1. Vue de l'Adda depuis Calco/Brivio, où le Duché Milanais est né après avoir battu les troupes vénitiennes, avec le mont San Martino en évidence en arrière-plan et le Rocher de Airuno sur la gauche;

2. La partie finale du bras du lac de Lecco, avec le pont Azzone Visconti et le Mont Barro sur la droite, le lac Garlate, Olginate et la Brianza qui s’ouvre vers Milan, observée depuis les Pizzini de San Martino, importants, car très facilement reconnaissables aussi dans l'Annonciation de 1472;

3. Mandello, observé depuis le château de Bellagio, à l’époque siège d'un fort fidèle aux Sforza et qui abrite aujourd'hui la Fondation Rockefeller;

4. Les pointes de Olgiasca, Dervio et Bellano comme on peut les observer depuis Gravedona, important siège d'une garnison Sforza à l’époque.

L’arrière-plan de la Joconde est donc loin d'être une référence due au hasard, comme souvent des historiens ou des chercheurs improvisés ont tenté d'établir à l'un ou à l’autre paysage, mais il y a des raisons bien précises qui reporte à ce territoire, quelque chose de bien plus vaste, qui sera le sujet d’un autre article.


De plus, et comme je l’ai déjà dit, au sujet de son visage et de la référence au nom "Joconde" (ou "jovial" (ou “Jovien” c’est-à-dire “de Jupiter”. NdT), par opposition à "saturnien", que l’on retrouve en philosophie à travers les figures d’Héraclite et de Démocrite - le philosophe qui pleure et le philosophe qui rit - c’est-à-dire les caractère saturnien et jovien), la Mona Lisa illustre, dans les bizarres volants de sa robe, le Triangle Larian, cette portion de territoire situé entre les deux bras du lac (en évidente opposition politique: l’un est Guelfe et l'autre, de Lecco, Gibelin), visible dans la première représentation qu’en fait Giovio, ensuite imprimée par Ortellius et en comparaison avec l'image obtenue par Pascal Cotte à partir d'un scan du tableau (visible même à l'œil nu, sous les voiles du manteau).

Il existe une longue tradition dans l'étude de Léonard et de la ville de Lecco, dans laquelle d'illustres personnalités comme le sénateur Mario Cermenati et Luigi Conato m'ont précédé, et par pur respect pour ces personnes il serait important d'éviter les spéculations ponctuelles qui ne font que rendre encore plus nébuleux ce qui est en fait un héritage de sagesse et de culture de Léonard.

Il s'agit de Pascal Cotte, le savant français qui a obtenu l'honneur de pouvoir analyser la Joconde avec un appareil photographique spécial qui permet de révéler les différentes couches de peinture, en les décomposant en différents niveaux; en réalité il s'agit d'une technique que le Dr Letizia Amadori de l'Université d'Urbino, avec laquelle j'ai l'honneur d'avoir travaillé dans le passé, met en œuvre depuis un certain temps, et que dans l'avenir nous aimerions, si le Louvre nous accorde la permission, d'effectuer ensemble des scansions sur La Vierge aux Rochers de Léonard pour vérifier certains détails jusqu'à présent ignorés par les chercheurs.

Par contre, ce que Pascal Cotte n'a pas associé, en se limitant à l'annonce de la présence dans la peinture de ces broches, c'est que ces dernières représentent une tradition typique du Larian et Lombarde en général.

La Spérada, ou Couronne Lombarde, était composée d'une couronne de broches, proprement dites "spadine", d'une grande finition et bien décorées; elles étaient traditionnellement offertes par le fiancé à sa promise au moment de l'annonce officielle des fiançailles qui, à l'époque, était considérée presque comme une cérémonie; à partir de ce moment, la jeune fille était considérée comme "épouse promise".

Et nous ne pouvons que penser aux "Fiancés" ( "Promessi sposi" de Alessandro Manzoni), en rappelant la coiffure caractéristique avec laquelle Lucia Mondella est souvent représentée:


L'implication de ces éléments de preuve mis en lumière par le chercheur français grâce à cette technique particulière de scansion et de détection, confirme l'association du célèbre tableau de Léonard, peut-être le plus célèbre du monde, avec les paysages Lecco, comme je le décris plus haut.
Et c'est sur l'incitation des peintures de Léonard et des raisons qui le poussent à représenter la ville de Lecco dans ses œuvres, que beaucoup d'artistes parmi les plus importants de la Renaissance, la représentent également. Ici Raphael:


Comme ultérieure confirmation à ce que j'ai écrit je veux cependant ajouter quelques remarques importantes et qui me sont particulièrement à cœur, afin de mieux définir le lien profond qui existe entre Léonard de Vinci et la ville de Lecco, et pour comprendre pourquoi il n'est pas convenable de spéculer sur le détail d'une seule peinture, la Joconde. La première remarque concerne La Cène. Aujourd'hui nous savons tous que la figure du Christ est la reprise du culte solaire d'Invictus, transversal à presque toutes les cultures religieuses du monde avant l'avènement des religions monothéistes, et l'un des principaux messages que sous-tend la peinture présente dans le réfectoire de Santa Maria delle Grazie est relatif, précisément, à la position du soleil aux différentes phases de l'année, au travers des disciples, en groupes de trois, qui représentent les différentes constellations de référence.






Ce que personne ne sait c'est que les trois fenêtres derrière le Christ représentent les époques de solstice et d'équinoxe, comme l'homme a toujours fait dans ses œuvres architecturales, qu'il s'agisse d'églises, de pyramides ou de temples, comme en témoignent de l'image sur la gauche.

Mais il y a plus: si l'on remarque l'emplacement du tableau dans le réfectoire de Santa Maria delle Grazie, on peut se rendre compte qu'il est parfaitement aligné avec le mont Resegone, fondé durant le processus de fondation celtique de la ville Mediolanum et dont la vue, du centre de Milan, a été défendue jusqu'au milieu du XIXe siècle par une contrainte urbaine de la "servitude de Resegone». Il suffit donc de mettre ensemble les deux éléments d'information pour se rendre compte que cette montagne si chère à Manzoni est parfaitement décrite par les silhouettes des apôtres, dans la continuité substantielle de ce que le tableau raconte, NON PAS par rapport à l'épisode évangélique, mais par rapport au culte solaire dont Gémiste Pléthon, véritable instigateur du mouvement de la Renaissance, et Léonard par conséquent, était messager.


La deuxième remarque concerne la Vierge aux Rochers. Je ne suis pas ici pour motiver les innombrables preuves sur les raisons pour lesquelles la grotte où la Vierge est idéalement située est celle de Jean-Baptiste, à Laorca, district de Lecco, ou parce que les innombrables falaises rocheuses qui la caractérisent sont reconnaissables, un par un, dans la Val Calolden qui conduit au Plans des Resinelli et aux bastions Segantini, profil caractéristique de la Grigna.


Je veux plutôt vous montrer celle qui à chaque fois m'émeut et qui, sans une intervention appropriée de la part du Ministère du Patrimoine Artistique et Culturel, du surintendant et des autorités administratives locales, risque de succomber à l'érosion naturelle du calcaire dans lequel elle est sculptée, avant même que dans l'indifférence et la négligence humaines, souvent, trop souvent alimentées par le manque de culture de la connaissance.

Voilà pourquoi je voulais ouvrir cette note avec les paroles de Léonard: “Nul ne peut être aimé ou détesté si l’on n’en a pleine connaissance”. Le patrimoine artistique et la profonde tradition culturelle de notre pays peuvent être la voie à suivre pour sa remise en valeur, à condition bien sûr de la soustraire à la spéculation partisane, quelle qu'elle soit, et de lui restituer les intentions réelles avec lesquelles elle a été livré. 

Je vous remercie, en mon nom et celui des lecteurs, pour ces explications précieuses.
Catherine


Riccardo Magnani
(sur Facebook)

Article original en italien: crepanelmuro.blogspot.it

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